Sites politiques : parés pour les communales ?
En 2006, nos partis politiques ont-ils tous transformé leurs sites respectifs en armes de communication ? Certains oui… Voici une copie de l’article que j’ai rédigé en mai pour le magazine Inside.
Sites politiques : Parés pour les élections communales ?
A l’approche des élections communales, les sites des partis politiques introduisent enfin plus d’interactivité sur leurs pages. De nombreuses évolutions sont en cours, telles l’adhésion 100% en ligne, les flux RSS ou les chats vidéo. Joie !
Il y aura un ‘avant’ 2006 et un ‘après’
En net progrès. C’est le constat que l’on peut faire après avoir visité les sites des principaux partis politiques du royaume. Les principales lacunes que l’on pouvait regretter, depuis leur naissance, étaient leur manque d’interactivité, la pauvreté de leur design et, souvent, leur ergonomie … approximative. Désormais, de nombreuses applications ont vu le jour (outils de recherche, de débat, usage des dernières technologies) et le langage employé s’est fortement adapté au média web, pour le bonheur des surfeurs plus expérimentés.
Conçus à l’origine pour communiquer vers leurs mandataires et leurs adhérents, les sites des partis politiques s’ouvrent désormais au grand public. Le site n’est plus le nombril de la formation, son jouet de propagande interne. Il s’est mué en véritable arme de persuasion vers l’ensemble de l’électorat et des citoyens. Cette ouverture se caractérise notamment par la création de dossiers thématiques, par un meilleur référencement sur les moteurs de recherche, par l’implication accrue du surfeur.
La bataille se déplace aussi sur le choix des meilleurs outils de gestion de contenu (CMS) et sur la création newsletters ciblées. C’est net : de vrais spécialistes ont pris le relais, et la professionnalisation des sites de nos formations politiques a franchi un pas décisif.
Quoi de neuf ?
Le SP-a et les blogs
Si, pour de nombreuses personnalités de tous bords, les blogs ont la cote depuis quelque temps, le SP-a est allé plus loin en proposant un outil de création de blogs et un site externe permettant une recherche sur tous les blogs créés par les sympathisants du parti, membres ou non. A voir sur : http://xml.spablogt.be/spa/faces/web/index.jsp . Mais le blog est avant tout une aventure personnelle, l’initiative individuelle de chacun. Une recherche sur votre politicien(ne) favori(te) vous permettra facilement de voir s’il a cédé à la tentation du weblog.
Les flux RSS
Les flux RSS sont une excellente manière d’informer les surfeurs avant les médias traditionnels. Peu de sites politiques belges ont franchi le pas. Le RSS sera sans doute une réalité pour la plupart des partis dans les prochains mois, mais saluons d’ores et déjà l’initiative prise en la matière par le nouveau site Ecolo :
http://www.ecolo.be/index.php?class=info&page=util/rss . Le SP-a, Ã nouveau, propose un flux RSS pour ses blogs.
Les vidéos La vidéo n’est encore que (trop) peu présente, mais on voit poindre ci et là des chats vidéo, interviews et autres retransmissions en direct et en différé des grands événements du parti. Voir à ce sujet le sympathique « MR on R » du Mouvement Réformateur : http://www.mr.be/MR-on-R/index.php : une rencontre interactive avec un invité illustre par webcam interposées.
Vente en ligne, la fin d’un tabou ?
Les libéraux des deux principales régions du pays ont inauguré leur propre boutique en ligne. Sacrilège ? Au menu : parapluies, t-shirts, mugs… avec de réels résultats. Désormais, le site politique est aussi un relais de la ‘marque’ de chaque parti. Voir www.vld.be, rubrique ‘shop’ ou http://www.mr.be/Shop/index.php .
Affiliation en ligne
Tous les sites proposent l’affiliation au parti, le plus souvent au moyen d’un formulaire électronique. Pourtant, encore aucune trace d’une inscription entièrement en ligne, paiement sécurisé inclus. Frémissant ? Difficile de ne pas imaginer tel module disponible dans les prochains mois, à l’instar de nombreux sites à l’étranger.
Déclinaison locale
Les partis l’ont presque tous compris, le web peut les aider à se rapprocher du citoyen. En développant des sous-sites locaux, plus proches, plus thématiques, ils adoptent logiquement une stratégie de ciblage et de personnalisation des messages.
Ainsi, le site « Bruxelles à visages humains », du cdH, http://www.cdhvilledebruxelles.be/accueil.htm permet au parti de se positionner plus confortablement vers le public de la capitale, avec un site plus moderne que le site national. Ce dernier accusant un retard - ergonomique et applicatif - sur la plupart des autres sites consultés. Une nouvelle version serait-elle en préparation ?
Enfin, le Mouvement Réformateur propose un « webkit » à toutes ses sections locales, leur permettant ainsi de créer leur site en quelques clics. Près d’une centaine de sites ont ainsi vu le jour (exemple : www.mrgrezdoiceau.be ).
Disparition des forums
Les forums sont devenus une denrée rare. Nul doute que les différents excès de langage ont dû exaspérer plus d’un webmaster. Les sites ont fait marche arrière sur ce point et proposent désormais pour la plupart des chats ciblés, modérés et … ponctuels.
Les jeunes au pouvoir
Les « juniors » de chaque formation politique se sont également dotés d’un site digne de ce nom. Sortons du lot le pétillant Jong CD&V (http://www.jong-cdenv.be/uitbreekuur/) ou le plus design MJS (http://www.mjs.be/site.php). La segmentation n’est donc plus géographique, elle est présente sur tous les niveaux : âge, sexe, thèmes… Les sites politiques officiels, associatifs et personnels gravitant autour des sites nationaux de chaque parti se comptent aujourd’hui par milliers.
Il reste à espérer que cette abondance d’outils et de sites représente un véritable atout démocratique et, qu’au risque de parfois noyer le surfeur d’informations, elle lui permettra surtout d’enrichir sa culture politique et d’utiliser le web comme outil de développement de sa culture politique.